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120 RECHERCHES SUR MOLIÈRE.
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ques décourageantes, il suffît de citer ce qu'écrivait récemment M. Sainte-Beuve4 :
« Avec les Anciens, on n'a pas les moyens suffisants d'ob-servation. Revenir à l'homme, l'œuvre à la main, est impossible dans la plupart des cas avec les véritables Anciens, avec ceux dont nous n'avons la statue qu'à demi brisée. On est donc réduit à commenter l'œuvre, à l'admirer, à rêver l'auteur et le poëte à travers. On peut refaire ainsi des figures de poètes ou de philosophes, des bustes de Platon, de Sopho-cle^ou de Virgile, avec un sentiment d'idéal élevé; c'est tout ce que permet l'état des connaissances incomplètes, la disette des sources, et le manque de moyens d'information et de retour. Un grand fleuve, et non guéable dans la plupart des cas, nous sépare des grands hommes de l'Antiquité. Saluons-les d'un rivage à l'autre.
« Avec les modernes, c'est tout différent ; et la critique qui règle sa méthode sur les moyens, a ici d'autres devoirs. Connaître et bien connaître lin homme de plus, surtout si cet homme est un individu marquant et célèbre, c'est une grande chose et qui ne saurait étre à dédaigner.
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« S'agit-il d'étudier un homme supérieur "ou simplement distingué par ses productions, un écrivain dont on a lu les ouvrages et qui vaille la peine d'un examen approfondi? Comment s'y prendre, si l'on veut ne rien omettre d'important et d'essentiel à son sujet, si Ton veut sortir des jugements de l'ancienne rhétorique, être le moins dupe possible des phrases, des mots, des beaux sentiments convenus, et atteindre au vrai comme dans une étude naturelle?
« Il est très-utile d'abord de commencer par le commencement, et, quand on en a les moyens, de prendre l'écrivain supérieur ou distingué, dans son pays natal, dans sa race. Si Ton connaissait bien la race physiologiquement, les ascen-
1. Dans le Constitutionnel du 22 juillet 1862. — Chateaubriand jugé par un ami intime en 1803.
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